État des lieux

Rénovation de l’église Notre-Dame-des-Anges et son Clocher à Collioure

Constat des dégradations

L’église et le clocher ont une position unique dans l’espace Colliourenc, ce qui en fait une scénographie exceptionnelle. Où voit-on ailleurs une église de cette dimension assise littéralement sur l’eau ? Cette merveille d’architecture révèle toutefois aujourd’hui de très graves faiblesses.

Avec plus de 300 ans d’écart le constat sur la construction, notamment les soubassements de l’église, est le même. Selon les archives, au moment de sa construction de 1684 à 1690, le chantier était recouvert en permanence  par les eaux de mer entre deux travaux, à savoir l’édification des murs sur une base saline. Olivier Weets, architecte en chef des Monuments Historique cite en 2004 : « Le monument a bénéficié de plusieurs campagnes de travaux d’assainissements et de mise hors d’eau. Malgré ces différentes interventions, les problèmes dus à la situation de l’église dont les façades est et sud plongent dans la mer persistent : forte remontées capillaires d’eau de mer – l’eau et le sel se conjuguant pour provoquer d’importantes altérations des maçonneries – »

Le constat aujourd’hui est particulièrement sévère à l’est de l’édifice : à l’extérieur le long de la nef pierres et briques sont mises à nues,  plus flagrant encore sur le chevet extérieur le mortier qui jointe les pierres a largement disparu, ces dernières présentant des saillies 20 cm. Le chevet intérieur en est sérieusement affecté, très visible de part et d’autre du retable avec la mise en danger du retable lui-même. Le retable est l’un des joyaux de l’art baroque catalan et français, l’église en est son écrin et fait partie de celles en Roussillon qui abritent les œuvres prestigieuses du genre comme celle de Louis Genéres à Baixas, Lazare Tremullas à Perpignan et bien sûr Josep Sunyer à Collioure (1702), Prades, ou l’ermitage de Fond Romeu. Un ensemble unique dans le bassin méditerranéen.

L'église Notre-Dame-des-Anges

(1684-1690): les besoins en restauration

Extérieur
  • Mur Est, grave dégradation de l’enduit: assainissement et enduit, toute la paroi.
  • Mur Sud, chevet de l’église, schistes très apparents, grave dégradation des joints de mortier entrainant fragilité et prise à l’humidité avec conséquences sérieuse sur la dégradation du chevet intérieur: besoin d’assainissement et de colmatage profond sur tout le chevet extérieur. Autres alternatives de protection avec accord des MH sur site classé.
  • Mur Ouest, dégradation des joints sur la façade par endroits, dégradation des briques sur la paroi des latrines: restauration des parois.
  • Toiture, tuiles cassées et arrachées par endroit notamment entre les contrefort ouest et sur la salle consulaire: restauration.
  • Fondation subaquatique, profonde dégradation des joints sous l’eau, mur largement crevassé notamment sous le mur du rempart contigu à l’église, risque d’effondrement sérieux: restauration urgente
Intérieur
  • Chevet, très évidente et profonde dégradation des enduits et peintures avec mise des pierres à nues à la base du retable du maître-autel et de chaque côté. Effet d’humidité évidente. Prolongement certain des détériorations derrière le retable pouvant nuire gravement au retable lui-même.
  • Besoin de sondage sur toute la paroi du chevet intérieur, dépose partielle du retable à envisager pour assainissement et restauration de la paroi du chevet. Restauration des enduits et des peintures
  • Note: le commentaire vaut pour l’intérieur comme pour l’extérieur. L’église supporte dès son origine une pathologie de milieu salin, la base de l’église ayant supporté les assauts de la mer pendant sa construction. Après les arrêts fréquents du chantier pour cause de paquets de mer ou de mer haute la reprise de la construction s’effectuait sur des dépôts salins même si le mortier de chaux , lui était sur base d’eau claire (selon les Mémoires de l’abbé Arnau, curé et fabricien de Collioure au moment de la construction de l’église entre 1684 et 1691
Latrines
Clocher

Le Clocher

XIIème – XVIIIème siècles: les besoins en restauration

Les dimensions

Hauteur: 30 m
Diamètre intérieur: 4,70 m
Diamètre hors tout: 6,40 m

Matériaux originels

  • Partie basse (XII –XIII siècles): schiste brun
  • Partie médiane (XIV – XV siècles): galets
  • Partie haute (XVII – XVIII siècles): schiste brun (galerie supérieure et coupole: 1810)
  • Jointement: mortier de chaux (tout comme l’église)
Extérieur
  • Probables infiltrations sur la totalité de la paroi du clocher

  • Possibles infiltrations à partir de la plate-forme supérieure de brique supportant la galerie et la coupole.

  • Infiltration subaquatique tout autour de l’édifice (au même titre que l’église)

  • Travaux envisageables: sondages, assainissement et colmatages. Restauration subaquatique de la base de la tour (clocher). Rafraichissement de la coupole.

Intérieur

Le clocher est devenu un véritable pigeonnier

  • Nécessaire nettoyage et assainissement (gravas et fiente de pigeon jusqu’à 40 cm d’épaisseur) sur le RDC et les 3 étages de la tour y compris à l’étage de la cloche.
  • Assainissement des murs, colmatage et enduits.
  • Assurer la robustesse des planchers 1er et 2nd étage et de l’escalier
  • Obturer mais à claire voie les ouvertures du clocher pour en empêcher l’accès aux oiseaux. Si fermeture par vitre (dépolie) s’assurer de la ventilation de la tour.
  • Nettoyage / restauration de la cloche

Le clocher, l’emblème même de la ville, auquel le visiteur et les colliourencs donnent des gages d’éternité, de presque 1000 ans d’existence, s’est mue en pigeonnier et refuge des mouettes y ayant déposé plus de quarante centimètres d’épaisseur de fientes très corrosives dans les 3 étages qui composent le clocher. Les murs intérieurs sont sévèrement attaqués par les infiltrations, conséquence des ouvertures totalement béantes et les carillons reposent sur des poutres branlantes.

Voici le constat sévère que le visiteur, simple spectateur n’est pas en mesure de faire tant l’image que donnent l’église et le clocher est suffisamment scénographique pour suffire à son bonheur mais la merveille renferme de profondes faiblesses. Elles n’échappent pas à l’observateur, mieux à l’expert instruit des dégradations des bâtis de notre patrimoine.

L’existence de l’Association Internationale du Clocher de Collioure (AICC), crée au deuxième semestre 2016, est née de ces constatations. L’action de l’association et celle des donateurs est de suppléer, par une fondation à venir, au lourd investissement de réhabilitation du clocher et de son église aux côtés des participations publiques et régionales auxquelles reviendra la plus grande prise en charge des travaux.

Appel au don

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Afin d’assurer la pérennité de l’Eglise et du clocher de Collioure, d’importants travaux de rénovation et de réhabilitation seront entrepris en 2018 et poursuivis durant quelques années compte tenu de l’importance des travaux à réaliser.

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